Tout prix de vente doit être déterminé ou déterminable au moment de la conclusion du contrat.
Pour rendre un prix « déterminable » sans fixité rigide, la loi autorise plusieurs mécanismes adaptés au monde viticole :
La loi Égalim impose une démarche stricte pour rééquilibrer les négociations en amont de la filière. C’est obligatoirement au producteur de formaliser et de soumettre la première proposition de contrat écrit lors de toute première transaction avec un acheteur (négociant, revendeur, transformateur, grande distribution).
Cette proposition initiale constitue légalement le socle exclusif de la négociation. L'acheteur ne peut pas vous imposer son propre modèle de contrat comme point de départ.
Ce contrat doit inclure :
Si la proposition initiale du producteur repose obligatoirement sur ses propres coûts de production, le contrat final validé avec l’acheteur peut ensuite intégrer d’autres éléments, tels que :
Les indicateurs de prix utiles
Pour bâtir votre formule de prix, vous n’êtes pas seul. Le Règlement européen d’Organisation Commune des Marchés (OCM) permet aux organisations interprofessionnelles d’élaborer et de publier des indicateurs de référence.
Accord de durabilité CDR et CDR villages rouges HVE et bio
L’acheteur qui refuse de prendre en compte vos coûts de production et fait pratiquer un prix de cession abusivement bas engage sa responsabilité et peut être condamné à réparer votre préjudice.
Pour apprécier le caractère abusif d’un prix, les tribunaux tiennent justement compte :
Documentez et actualisez vos coûts de production pour démonter qu’un prix imposé est abusif.
Le vin est considéré comme un produit alimentaire de grande consommation. Il est donc soumis au régime strict d’encadrement des promotions. Ce régime s’applique à tous les professionnels, quel que soit le mode de distribution.
Le plafond en valeur :
Tout avantage promotionnel, immédiat ou différé, ayant pour effet de réduire le prix de vente, ne peut excéder 34% du prix de vente. Attention, ce plafond s’apprécie sur les avantages cumulés. Si plusieurs opérations promotionnelles se chevauchent sur un même produit, c’est leur addition qui doit rester sous 34%.
Le plafond en volume :
Les promotions accordées ne peuvent porter sur plus de 25% d’un volume (ou d’un chiffre d’affaires prévisionnel) fixé dans votre convention annuelle avec le fournisseur et le distributeur.
Le seuil de revente à perte (prolongation jusqu’en 2028) :
Il est interdit pour un distributeur de revendre votre produit en dessous de son prix d’achat effectif majoré de 10%. La promotion maximale de 34% se calcule à partir de ce prix plancher.
De plus, toute communication promotionnelle sur le vin doit respecter scrupuleusement la loi Évin.
Contrairement aux promotions, les soldes obéissent à un régime distinct. Ils constituent la seule alternative légale permettant d’écouler du stock à prix fortement réduit.
Pour être qualifiée de « solde », l’opération doit respecter les conditions cumulatives suivantes :