
La marque est un signe distinctif qui relie un produit ou un service à une entreprise et de le distingue de ceux de ses concurrents. Pour un vigneron, ce peut être le nom du domaine, celui d'une cuvée, un logo, une étiquette…
Elle s'acquiert par le dépôt. Une fois enregistrée, son titulaire bénéficie d'un monopole d'exploitation. Les tiers ne peuvent plus, sans autorisation, l’utiliser pour désigner des produits ou services de même nature.
Il est toutefois possible de confier à un tiers le droit d’utiliser la marque pour les produits et services visés. C’est ce que l’on appelle une licence de marque.
Il existe plusieurs types de marques. Trois formes couvrent l'essentiel des besoins d'un vigneron :
Plusieurs éléments de la vie des affaires ne doivent pas être confondus avec la marque :
Aucun de ces quatre signes ne vous donne de droit de marque, de monopole. Avoir une dénomination sociale, un nom commercial, une enseigne, ou un nom de domaine ne vous protège pas, un tiers peut déposer votre nom à l’INPI.
Le bon réflexe : Le jour où vous arrêtez un nom, verrouillez tout en même temps : dépôt de marque à l'INPI, réservation du nom de domaine, et création des comptes sur les réseaux sociaux. Attendre, c'est prendre le risque de devoir se rabattre sur une variante parce qu’une personne est passé avant vous.
Pour être enregistrée, la marque doit satisfaire quatre conditions. Elle doit être :
Les marques commerciales et les marques domaniales :
Toutes les marques de vin ne suivent pas les mêmes règles. Tout dépend de ce que le nom désigne, et notamment de la présence ou non d’une indication de provenance géographique.
Dans les deux cas, la marque ne doit comporter aucune indication susceptible de tromper sur l’origine géographique du vin.
Les vocables réglementés :
Certains termes désignant l’exploitation viticole sont réservés par la réglementation :
Ils sont interdits pour les Vins de France.
Les trois conditions cumulatives
Pour employer ces termes, il faut que :
Les vocables réglementés (et les mentions traditionnelles) ne sont pas distinctifs. Ils ne peuvent donc jamais être déposés seuls comme marque.
Deux cas particuliers
Trois situations fréquentes
L’utilisation de plusieurs vocables réglementés pour une même entité
Le principe est le suivant : « une exploitation, un nom de château » (ou termes assimilés). Les « seconds vin » ne peuvent donc pas bénéficier eux aussi d’un vocable réglementé. Il reste toutefois possible de créer une marque sans le terme réglementé, soit en reprenant le nom de l’exploitation, soit en créant une marque de fantaisie.
Deux exceptions seulement permettent deux noms de château :
INPI_Classification_Nice_2026_Fr
Lors du dépôt, vous devez indiquer pour quels produits et services vous souhaitez protéger votre marque. Ceux-ci sont répartis en 45 catégories, appelées la classification de Nice.
Le vin relève de la classe 33 (qui regroupe les boissons alcoolisées, à l’exception des bières).
Pensez à vos autres activités. Si vous utilisez cette marque pour d’autres service (œnotourisme, hébergement…) veillez à sélectionner les classes supplémentaires correspondantes.
Il est possible, et même recommandé, de personnaliser l’intitulé des produits et services choisis. Cela permet de renforcer votre protection en garantissant que votre dépôt correspond exactement à la réalité de vos activités.
Recherche d’antériorité
Avant de déposer, vérifiez que le signe est disponible. Cette recherche d'antériorité consiste à s'assurer qu'aucun signe identique ou similaire n'a déjà été déposé, enregistré ou utilisé par quelqu'un d'autre pour des produits comparables.
L'INPI ne fait pas cette vérification pour vous. Il contrôle seulement que votre marque est distinctive, licite et non déceptive. C'est au déposant de s’assurer de sa disponibilité car le risque serait qu’un titulaire de droit antérieur face opposition, obtienne l’annulation de la marque ou agisse en contrefaçon.
S'il est possible d'effectuer cette recherche vous-même dans les bases de données, il est vivement conseillé de la confier à un avocat ou à un conseil en propriété intellectuelle. Vous pouvez profiter de notre partenariat avec le Cabinet Marchais & Associés (voir fin article).
Base de données INPI : https://data.inpi.fr/recherche_avancee/bopi/marques
Le dépôt
La propriété de la marque s’acquiert par l’enregistrement. La marque peut être déposé par toute personne physique ou morale à tout moment, mieux vaut le plus tôt possible. Le déposant peut se faire représenter par un mandataire professionnel.
En France, le dépôt s’effectue auprès de l’INPI, par voie électronique, sur le portail de l’INPI.
Le coût dépend principalement du nombre de classes de produits ou services que vous souhaitez protéger :
Le paiement s’effectue au moment du dépôt.
Attention, le libellé peut toujours être restreint après le dépôt, jamais étendu. Ajouter une classe après le dépôt suppose un nouveau dépôt. D’où la nécessité de bien identifié vos activités en amont.
L’examen et le délai d’opposition
La demande recevable est publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle (BOPI). À compter de cette publication, les tiers disposent de deux mois pour former opposition.
Indépendamment de toute opposition, l'INPI examine la demande d'office et peut la rejeter si :
En revanche, l’INPI ne peut pas rejeter la demande au motif qu’une marque antérieure identique ou similaire existe déjà. Seul le titulaire de ce droit antérieur peut faire opposition.
Si la demande n’est pas rejetée, l’enregistrement est prononcé et publié au BOPI. Les droits prennent effet à compter de la date du dépôt, pour 10 ans, renouvelables indéfiniment par période de dix ans.
Obligation d’usage sérieux
Une marque non exploitée de façon sérieuse pendant 5 ans consécutifs, pour les produits et services visés, peut être frappé de déchéance à la demande de tout intéressé. La déchéance met fin au droit du propriétaire sur la marque.
Est considéré comme usage sérieux, la commercialisation réelle sous la marque, dans la vie des affaires, en France, pour les produits visés. Un usage purement symbolique ou interne ne suffit pas. L’usage n’a pas besoin d’être continu sur les 5 ans. L’usage fait par un tiers avec votre consentement, l’usage sous une forme légèrement modifiée n’altérant pas le caractère distinctif ou l’apposition de la marque sur les produits exclusivement en vue de l’exportation, comptent aussi usage sérieux.
Si un tiers demande la déchéance, c’est à vous de prouver l’usage, pas à lui de prouver le non-usage. La charge de la preuve pèse sur le propriétaire de la marque.
La déchéance peut être partielle, c’est-à-dire ne concerner qu’une partie des produits ou classe visés. C’est pour cette raison qu’il faut bien choisir les classes.
Renouvellement
La marque est protégée pour 10 ans à compter de la date de dépôt. Le renouvellement doit être fait dans l’année précédant la date d’expiration.
Cependant, un délai de grâce de 6 mois supplémentaires après l’expiration, permet de renouvellement la marque avec cependant une majoration de 50 %.
Au-delà, la marque est définitivement perdue, aucune restauration n’est possible même pour force majeure. Il faudra alors redéposer la marque et payer de nouveau les frais d’enregistrement, mais un tiers a pu s’en emparer entre-temps.
Le renouvellement est une simple formalité administrative. L’INPI ne vérifie pas que la marque est exploitée. Renouveler ne met donc pas à l'abri d'une action en déchéance.
Surveiller sa marque est important car l’INPI ne vous préviendra jamais qu’un tiers dépose un signe proche du vôtre.
La surveillance consiste à suivre activement les nouvelles publications dans les registres afin d’identifier tout signe identique ou similaire déposé par un tiers.
Vous pouvez effectuer cette surveillance vous-même avec la base de données de l’INPI ou bien la confié à un cabinet de PI qui vous facturera dans ce cas-là un abonnement.
S’il y a besoin d’agir, alors voici les moyens d’actions :
Commencez toujours par une lettre de mise en demeure argumentée ou une prise de contact avec la partie adverse. Une large part des conflits se règle ainsi, sans procédure.
Tolérer sciemment l’usage d’une marque postérieure enregistrée pendant 5 ans vous fait perdre le droit d’en demander la nullité. (Forclusion par tolérance).
Le droit des marques est territorial. Le dépôt d’une marque à l’INPI ne protège qu’en France.
Si votre activité nécessite une protection plus étendue alors vous pouvez :
A compter de votre dépôt français, vous disposez de 6 mois pour étendre la protection à l’étranger en conservant la date du premier dépôt.
Le Fonds pour les PME (SME fund)
C’est un programme de remboursement qui émet des chèques PI pouvant être utilisés pour couvrir une partie des taxes liées aux activités sélectionnées. Il a été reconduit en 2026.
Elles peuvent notamment servir :
Ce dispositif permet un accompagnement gratuit et confidentiel destiné aux porteurs de projet et dirigeants de TPE/PME peu familiers de la propriété intellectuelle. Il se déroule en deux rendez-vous d’une demi-journée avec un expert : le premier fait le point sur les objectifs de l’entreprise et ses besoins, le second restitue oralement le rapport en insistant sur les actions prioritaires et les moyens à mobiliser. Le livrable est un rapport écrit contenant des recommandations sur mesure, qui sert de feuille de route.
Dans le cadre du partenariat avec le Cabinet Marchais & Associés, vous pouvez bénéficier d’un accompagnement à tarifs préférentiels pour :