
Le CDD saisonnier concerne les emplois dont l’activité se répète chaque année à des période déterminées en raison du rythme des saisons, comme les travaux de vendanges. Attention, il ne couvre pas un besoin permanent de main-d’œuvre ni un simple surcroît ponctuel d’activité.
À ne pas confondre avec le « contrat de vendange », qui est un CDD spécifique aux travaux de récolte du raisin, limité à 1 mois renouvelable une fois. Sa particularité est de permettre le cumul avec un emploi principal, ce n’est pas permis par le CDD saisonnier classique.
Pour être valable, le contrat saisonnier doit obligatoirement être écrit et remis au salarié dans les deux jours ouvrables après l’embauche. Un CDD saisonnier sans contrat écrit est automatiquement considéré comme un CDI.
Il doit a minima contenir les clauses suivantes :
L’indemnité de fin de contrat (prime de précarité) normalement due pour les CDD n’est pas applicable aux contrats saisonniers, sauf accord collectif plus favorable. Il ouvre droit, en revanche, à la prime compensatoire de congés payés.
Succession de contrats et risque de requalification
Contrairement aux contrats classiques, le contrat saisonnier présente des souplesses de renouvellement, mais nécessite d’être vigilent :
Si ces conditions ne sont pas réunies, le contrat risque d’être requalifié en CDI par le juge.
Le dispositif TO-DE (Travailleur Occasionnels – Demandeur d’Emploi), après avoir été prolongé à plusieurs reprises, est désormais pérenne. Il s’agit d’une exonération de cotisations patronales réservée aux employeurs relevant de la MSA (sauf exceptions), destinée à abaisser le coût du travail saisonnier dans le secteur agricole.
Depuis le 1er mars 2025, certaines CUMA et coopératives sont devenues éligibles au TO-DE, alors qu’elles en étaient auparavant exclues.
Quels sont les avantages pour l’employeur ?
L’exonération varie en fonction de la rémunération mensuelle du salarié par rapport au SMIC :
Quels sont les salariés concernés ?
Les salariés concernés par ce dispositif sont les « travailleurs occasionnels agricoles », c’est-à-dire les salariés recrutés sous un CDD saisonnier, contrat vendanges, etc. pour réaliser des tâches agricoles spécifiques.
La durée maximale d’application de l’exonération TO-DE est fixée à 119 jours consécutifs ou non, par employeur, par salarié et par année civile.
Attention, l’exonération n’est pas automatique. L’employeur doit la demander lors de la DPAE (Déclaration préalable à l’embauche) en remplissant les rubriques de demande d’exonération.
Les exonération TO-DE sont cumulables uniquement avec la déduction forfaitaire patronale liée aux heures supplémentaires. Elles ne sont pas cumulables au cours de la même année civile avec une autre exonération totale ou partielle de cotisations patronales ou l'application de taux spécifiques, d'assiettes ou de montants forfaitaires de cotisations.
L’employeur peut renoncer à la mesure d’exonération TO-DE au profit d’une application rétroactive de la réduction Fillon, si celle-ci est plus avantageuse. Cependant, la renonciation écrite doit intervenir au moyen de la DSN ou du Tesa au plus tard au 31 mars de l’année suivante.
Complémentaire santé des saisonniers et versement santé
En principe, tout salarié du secteur privé est obligatoirement affilié à la couverture complémentaire santé collective de son entreprise. L’employeur doit en financer au moins 50 %.
Par exception, deux catégories de salariés peuvent, à leur initiative, demander à ne pas adhérer à cette mutuelle d’entreprise :
Dans ce cas, le salarié peut demander le versement santé à son employeur, à condition de justifier d'une mutuelle individuelle responsable.
Pour bénéficier du versement santé, le salarié doit en faire la demande à son employeur au moment de l’embauche et justifier :
Sont exclus du versement santé :
Le versement santé s’effectue mensuellement. Le montant de l’aide est :
Formule de calcul :

Exemple :
Un salarié travaille 105 heures dans le mois.
La participation réelle de l’employeur à sa propre mutuelle collective est de 20 €/mois
Ce montant est inférieur au plancher légal (22,27 €), c’est donc le plancher qui sert de montant de référence pour le calcul.
→ (22,27 × 105 ÷ 151,67) × 1,25 = 19,27 €
Afin de répondre aux impératifs techniques et saisonniers liés aux vendanges et aux travaux de vinification, les exploitations viticoles peuvent être autorisées par la DREETS à dépasser la durée maximale hebdomadaire de travail, normalement fixée à 48 heures.
Dans ce cadre, une demande collective de dérogation a été déposée pour l’aire d’appellation Côtes du Rhône. Elle est portée par le Syndicat des vignerons des Côtes du Rhône pour les départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes (Ardèche, Drôme, Loire et Rhône), et conjointement avec les FDSEA départementales concernées pour le Gard et le Vaucluse.
Sous réserve de l'accord de l'administration, les employeurs devront impérativement garantir la santé et la sécurité de leurs salariés, ainsi que le respect des temps de repos quotidiens et hebdomadaires légaux.
Par ailleurs, les heures effectuées dans le cadre de cette dérogation devront faire l’objet d’un enregistrement quotidien sur un document conservé sur l’exploitation et tenu à la disposition de l’Inspection du travail.
Enfin, il est rappelé que les travailleurs âgés de moins de 18 ans demeurent strictement exclus de ce dispositif.
Les ressortissants des Etats membres de l’Union européenne (UE), de l’Espace Economique Européen (Islande, Liechtenstein, Norvège) et de la Suisse sont exemptés d’autorisation de travail et de titre de séjour.
Cas particuliers :
Important : l’embauche d’un salarié étranger demande une bonne anticipation. La procédure est longue.
Voici la marche à suivre pour recruter un salarié étranger hors UE selon la situation de votre futur salarié :
Le candidat réside déjà en France
La première étape est de vérifier que son titre de séjour est en cours de validité et qu'il a bien été délivré par les autorités françaises. Un titre de séjour délivré par un autre pays européen, même valide, n'ouvre aucun droit à travailler en France.
Il faut ensuite vérifier que le titre permet de travailler. Certains titres vous dispensent de demander une autorisation de travail. C’est notamment le cas pour :
Cette liste n’est pas exhaustive. En cas de doute, vérifiez auprès de la préfecture si le titre présenté dispense d’autorisation. S’il ne dispense pas d’autorisation, vous devez en faire la demande sur le portail ANEF avant l’embauche (voir point 2).
Quelle que soit la situation, vous devez vérifier l’authenticité du titre de séjour eux deux temps pour remplir votre obligation de vigilance :
Attention : votre vigilance ne s’arrête pas à l’embauche. Si le titre de séjour expire en cours de contrat, le salarié doit vous fournir le récépissé de renouvellement. A défaut de régularisation, le contrat doit être rompu.
Une fois la situation validée, procédez aux formalités classiques d'embauche.
Le candidat réside à l’étranger
Pour recruter un étranger résidant hors de France, il faut suivre une procédure d’introduction. Cette procédure prend du temps. Anticipez entre 4 à 6 mois avant la date d’embauche souhaitée pour une première demande.
L’employeur doit dans un premier lieu demander une autorisation de travail sur le portail de l’ANEF, rubrique « emploi saisonnier ». La viticulture étant reconnue comme un secteur en difficulté de recrutement, vous êtes dispensé de publier une offre d’emploi au préalable. L’acceptation de cette demande entraîne le paiement d’une taxe à l’OFII.
A savoir : une nouvelle autorisation de travail doit être demandée à chaque nouveau contrat, même si votre saisonnier revient chez vous d’une année sur l’autre.
Une fois l’autorisation obtenue, le candidat doit solliciter un visa de long séjour mention « travailleur saisonnier » auprès de l’ambassade ou du consulat de France de son pays d’origine. Le visa lui permet d’entrer en France.
Dans les 2 mois suivant son arrivée en France, le candidat demande sa carte de séjour pluriannuelle « travailleur saisonnier » via l’ANEF. Valable jusqu’à 3 ans, elle limite le temps de travail en France à 6 mois maximum par an. En fin de saison, il a l’obligation de rentrer chez lui. Il ne peut ni s’installer durablement ni changer d’employeur.
À l'arrivée du salarié, procédez aux formalités classiques d'embauche, ainsi qu'à la visite médicale obligatoire organisée par l'OFII.
Le saviez-vous ?
L’emploi d’un travailleur étranger sans autorisation de travail est un délit sévèrement puni.
Sur le plan pénal :
Sur le plan administratif :
A ces peines s’ajoute une amende administrative prononcée par l’Etat, pouvant dépasser 20 000 € par salarié en situation irrégulière.
Retenue à la source
Si le travailleur saisonnier a son domicile fiscal à l’étranger, une retenue à la source spécifique doit être appliquée par l’employeur sur le salaire.
Tarif de la retenue à la source prévue à l’article 182 A du CGI applicable en 2026 :

L’employeur doit déclarer et reverser ces sommes à la Direction des Impôts des Non-Résidents via le formulaire n°2494-SD, au plus tard le 15 du mois suivant.
L’employeur n’a pas l’obligation de loger ses salariés saisonniers.
Toutefois, pour obtenir l'autorisation de travail d'un ressortissant hors UE, l'employeur doit pouvoir justifier auprès de l'administration des conditions d'hébergement de son futur salarié.
Si un logement est fourni par l’employeur, alors il doit respecter des normes strictes.
Interdictions :
L'hébergement en sous-sol ou sous tente (sauf dérogation préfectoral) est interdit.
Sécurité, Hygiène et Confort général :
Espaces de sommeil :
Espaces de repas (cuisine et réfectoire)
En principe, les locaux doivent comprendre une cuisine et un réfectoire séparés respectant une certaine surface par travailleur.
Installations sanitaires et eau
Obligations d'entretien :
Le chef d'établissement doit assurer à ses frais :
Cas particuliers : hébergement sous tente
L’hébergement des travailleurs sous tente est strictement interdit. Toutefois, une dérogation préfectorale peut être accordée dans certains départements, autorisant ce mode d’hébergement du 1er juin au 15 septembre :
Conditions :