
La viticulture est particulièrement exposée aux dégâts causés par le grand gibier, qu’il s’agisse de destruction de pieds de vigne, de perte de récolte ou de dégradations des équipements. Face à ces sinistres, les exploitants agricoles peuvent solliciter la réparation de leurs préjudices auprès des Fédérations Départementales des chasseurs (FDC), selon une procédure strictement encadrée.
Sont indemnisables les exploitants agricoles victimes de dégâts causés par le grand gibier sur leurs parcelles, sous réserve de remplir toutes les conditions suivantes :
Dates_extremes_enlevements_Ardèche_2026
Dates_extremes_enlevements_Drôme_2026
Dates_extremes_enlevements_Gard_2026
Dates_extremes_enlevements_Loire_2026
Informations indemnisation des dégâts de gibier - DTT Rhône
Dates_extremes_enlevements_Vaucluse_2026
Dès la constatation des dégâts, l’exploitant doit déclarer sans délai à la FDC du département où se situent les parcelles endommagées, par courrier ou télédéclaration. Si des parcelles se trouvent dans plusieurs départements, une déclaration distincte par FDC est obligatoire.
La demande d'indemnisation s'effectue par parcelle culturale, définie comme l'ensemble des parcelles d'une même exploitation supportant la même culture. Les fossés, rus, haies, bandes enherbées, bordures de champ, murets, alignements d'arbres, chemins et voies communales n’interrompent pas la continuité des parcelles culturales.
La déclaration doit indiquer :
Concernant les dégâts au débourrement, le délai de déclaration est fixé par la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) en fonction du stade de développement de la plante. Il faut se renseigner auprès de la FDC dès l’apparition des premiers dégâts.
Télédéclaration : https://teledeclaration.chasseurdefrance.com/
Documents nécessaires : formulaire spécifique vigne, plan cadastral, registre parcellaire graphique de l’année en cours, attestation MSA, CVI, déclaration de récolte, attestations de vente, RIB de l’exploitation, Certificat bio.
Pour permettre l'évaluation finale des dommages avant la récolte, l'exploitant doit adresser une déclaration définitive à la FDC au moins 8 jours ouvrés avant les vendanges, par courrier ou télédéclaration.
Cette déclaration est obligatoire même en l’absence de dégâts intermédiaires supplémentaires depuis la déclaration initiale.
Un estimateur est désigné par le président de la FDC pour procéder à l’expertise des dégâts. Il peut décider de ne pas en désigner si les dommages déclarés sont manifestement trop faibles pour le justifier.
Délais d’intervention :
Si l’estimateur ne se présente pas dans ces délais, son estimation est réputée conforme à celle du demandeur.
Pour l’expertise, l’estimateur convoque l’exploitant, qui peut se faire assister par toute personne de son choix, et procède à une expertise contradictoire sur place : état des lieux et des récoltes, date des dégâts, importance des dommages subis, cause des dégâts, espèces de gibier responsable et leur provenance. Il classe la parcelle selon la typologie définie par la CDCFS.
Selon ce qu’il peut constater :
Si de nouveaux dégâts surviennent après un constat provisoire, hors période de récolte, la FDC n'est pas tenue de mandater un estimateur à chaque nouvelle déclaration. L'estimateur tient compte de toutes les déclarations intermédiaires dans son évaluation définitive.
L’estimateur consigne les travaux nécessaires dans un constat provisoire en précisant la période prévue. L’exploitant doit signaler leur réalisation à la FDC dans les 8 jours après les avoir effectués. La FDC peut alors mandater l’estimateur pour les vérifier et établir un constat définitif.
En cas de destruction de pieds de vigne ayant entraîné un remplacement, l’estimateur évalue chaque année la perte de récolte des jeunes plants, à condition que l’exploitant réitère sa réclamation chaque année, jusqu’au retour au plein potentiel de production.
La parcelle ne doit pas être récoltée avant le passage de l’estimateur ou l’expiration du délai prévu pour l’expertise.
L’estimateur transmet son rapport à la FDC dans les 15 jours suivant l’estimation.
En cas de désaccord important sur les pertes estimées, l’exploitant peut demander une contre-expertise dans les 48 heures ouvrées suivant la notification de l’estimation. Elle se fait à ses frais exclusifs, en présence d’un estimateur désigné par la FDC et d’un expert choisi par l’exploitant.
Exemple :
Dans le cas classique d'un dégât hors période de récolte, il y aura deux passages de l'estimateur :
La FDC propose une indemnité sur la base du barème départemental établi annuellement. Pour la vigne, les barèmes tiennent compte de l'appellation, du cépage, du Cru, de la zone géographique et le cas échéant de l'engagement en agriculture biologique.
Baremes_viti_Ardeche_2025-2026
Baremes_perte_recolte_Drômes_1_2026
Baremes_perte_recolte_Drômes_2_2026
Baremes_dates_extremes_enlevements_Gard
Informations indemnisation des dégâts de gibier - DTT Rhône
Bareme_dates_extremes_enlevements_Vaucluse
Pour le calcul de cette indemnité, un abattement forfaitaire de 2 % du montant des dommages retenus s'applique systématiquement et automatiquement.
La réduction totale de l'indemnité (abattement de 2 % + éventuelles pénalités, notamment en cas de responsabilité de l'exploitant) ne peut excéder 80 % du montant des dommages retenus.

Recours devant la CDCFS : en cas de désaccord sur la proposition d’indemnité de la FDC, l’exploitant peut saisir la CDCFS dans un délai de 30 jours par courrier recommandé avec accusé de réception. La CDCFS fixe le montant de l’indemnité dans un délai de 90 jours, au vu du dossier d’expertise et des observations des parties.
Recours devant la CNI : la décision de la CDCFS peut être contestée devant la Commission Nationale d’Indemnisation (CNI-OFB) dans un délai de 30 jours après notification.
Si la décision de la CDCFS est prise à l’unanimité pour un montant inférieur ou égal à 3 000 €, le recours devant la CNI n’est pas possible. Seul le recours judiciaire direct reste ouvert.
Recours judiciaire : l’exploitant peut engager une action en justice dès le début de la procédure amiable, sans attendre son issue, les deux démarches peuvent être menées en parallèle. Le délai est de 6 mois à compter du jour des dégâts et non de leur constatation, passé ce délai, toute action est irrecevable.
En cas de condamnation judiciaire du responsable, l’exploitant doit reverser à la FDC l’indemnité qu’elle lui a déjà versée, dans la limite des dommages-intérêts obtenus. De même, tout règlement amiable conclu avec le responsable sans accord préalable de la FDC entraîne la perte de l’indemnité FDC et l’obligation de rembourser celle déjà perçue.
Les litiges nés de l'application de la procédure d'indemnisation relèvent des tribunaux de l'ordre judiciaire.