Mis à jour le
07/10/2026

La pulvérisation

La préparation

Les mélanges

Certains mélanges de produits phytopharmaceutiques sont interdits selon l’étiquetage :

  • Au moins un produit dont la ZNT aquatique est supérieur à 100 mètres ;
  • D'une part une substance active de la famille des pyréthrinoïdes et d'autre part une substance active appartenant aux familles des Triazoles ou des Imidazoles, durant la période de floraison ou au cours des périodes de production d'exsudats (pendant ces périodes, un délai de 24h doit être respecté entre 2 applications, l’insecticide pyréthrinoïde étant appliqué en 1er).
  • En fonction des phrases de risques :

Le remplissage du pulvérisateur

Les utilisateurs des produits destinés à être mélangés à de l'eau dans une cuve avant leur utilisation doivent mettre en œuvre :

Un moyen de protection du réseau d'eau, ne permettant en aucun cas le retour de l'eau de remplissage vers le circuit d'alimentation :

  • clapet anti-retour sur le circuit de remplissage ;
  • potence de remplissage qui maintient le tuyau au-dessus du niveau du liquide.

Un moyen permettant d'éviter tout débordement de la cuve :

  • compteur volumétrique à arrêt automatique ;
  • cuve de pré-stockage dont le volume est inférieur ou égal à celui du pulvérisateur.

Après utilisation, les emballages des produits liquides doivent être rincés avec de l'eau claire. Le liquide résultant de rinçage doit être vidé dans la cuve.

L’application

Lors de l’application de produits phytopharmaceutiques, il est essentiel de respecter différentes règles afin de protéger l’environnement, la santé des travailleurs, des riverains et des consommateurs.

Le vent‍

Quelles que soient les conditions météo, des mesures doivent être prises pour éviter toute dérive hors de la zone traitée. Les produits ne doivent être appliqués que si la vitesse du vent est inférieure ou égale à 3 sur l’échelle de Beaufort (=> 19 km/h max), mesurée sur le lieu du traitement.

Le délai avant récolte (DAR)

Le DAR correspond au nombre de jours écoulés entre la date d’application du produit et la récolte. Il ne doit pas être inférieur à celui indiqué dans l’AMM. Par défaut, lorsqu’aucun DAR n’est mentionné, l’utilisation des produits est interdite pendant les 3 jours précédant la récolte.

Le Délai de Rentrée (DRE)

Le DRE est le délai minimal que les travailleurs agricoles doivent respecter avant de rentrer dans la parcelle traitée afin de limiter leur exposition aux produits encore présents. Le DRE est défini par la décision d’AMM et figure sur les étiquettes des produits.

La ZNT aquatique

Toute application directe de produits pharmaceutiques est interdite sur tous les éléments du réseau hydrographique : points d’eau, bassins de rétention d’eaux pluviales, avaloirs, caniveaux et bouches d’égout.

Afin de prévenir toute contamination par dérive de la pulvérisation, une ZNT doit être mise en place à proximité des points d’eau. Aucune application directe de produits pharmaceutiques, par pulvérisation ou poudrage, n’est autorisée dans cette zone.

La largeur de la ZNT est précisée dans la décision d’AMM ou sur l’étiquetage du produit. Elle peut être de 5 m, 20 m, 50 m, 100 m ou plus.

En l'absence d’information, une ZNT minimale est de 5 m doit être respectée.

La largeur de la ZNT peut être réduite de 20 ou 50 m à 5 m sous respect de deux conditions cumulatives :

  • Présence d’un dispositif végétalisé permanent d’au moins 5 m de large en bordure des points d’eau : arbustif pour la culture de la vigne ;
  • Mise en œuvre de moyens permettant de diminuer le risque pour les milieux aquatiques.

Liste des moyens permettant de diminuer la dérive de pulvérisation des produits phytopharmaceutiques

Ce dispositif végétalisé permanent pour réduire la ZNT est à ne pas confondre avec le dispositif végétalisé permanent prévu par l’AMM du PPP.

Le dispositif végétalisé permanent

Le dispositif végétalisé permanent (DVP) vise à protéger les cours d’eau des contaminations directes par ruissellement des produits phytopharmaceutiques.

Il s’agit de zones couvertes de manière permanente par des plantes herbacées ou comportant, sur tout ou partie de leur largeur, une haie arbustive continue et directement connectée au point d’eau.

L’obligation de DVP est précisée dans l’AMM. En l’absence de DVP conforme, les conditions d’utilisation du produit ne sont pas respectées.

La largeur du DVP est spécifique à chaque produit et à chaque usage. Elle peut être de 5 m ou de 20 m.

La zone non cultivée adjacente

Les zones non cultivées adjacente (ZNCA) ne sont pas encore définies par la réglementation, mais peuvent être mentionnées sur certaines étiquettes de produits phytopharmaceutiques selon leur AMM, et restent susceptible de contrôle.

Elles désignent des zones de végétations non agricole bordant les parcelles cultivées (végétation naturelle, forêts, haies, ou jardins) et servent à préserver la biodiversité lors des traitements.

La DSR et la DSPPR

L’utilisation de produits phytopharmaceutiques doit s’effectuer en respectant une distance de sécurité des riverains (DSR) ou une distance de sécurité vis-à-vis des personnes présentes et des riverains (DSPPR). Ces distances doivent permettre de limiter l’exposition des personnes aux produits et protéger leur santé.

Pour faire simple :

Cancérigène, mutagène ou toxique (CMR) :

  • CMR1 : H300, H310, H330, H331, H334, H340, H350, H350i, H360, H360F, H360D, H360FD, H360Fd H360Df, H370, H372, ou contenant une substance active considérée comme ayant des effets perturbateurs endocriniens
  • CMR2 : H341, H351, H361, H361F, H361d, H361fd

‍Des « Chartes Riverains » ont été élaborées sous l’égide de la Chambre d’agriculture. Leur respect permet de réduire la ZNT riverain.

Elles précisent notamment :  

  • Les modalités d’informations des riverains, personnes présentes et travailleurs permanents ;
  • Les modalités de dialogue et de conciliation entre les utilisateurs et les habitants ;
  • Les moyens permettant de réduire les distances prévues par la règle générale, tout en garantissant un niveau de protection équivalent, notamment les dispositifs de réduction de la dérive.

Charte-phyto-Ardèche

Charte-Phyto-Drôme

Charte-phyto-Gard

Charte-phyto-Loire

Charte-phyto-Rhône

Charte-phyto-Vaucluse

La distance de sécurité peut ainsi être réduite de 10 à 5 mètres lorsque le matériel de pulvérisation permet de réduire la dérive de 66 %, et à 3 mètres lorsque le taux de réduction atteint 90 %.

Liste des moyens permettant de diminuer la dérive de pulvérisation des produits phytopharmaceutiques

La pulvérisation par voie aérienne

Arrêté du 29 mai 2026 - pulvérisation phytos par voie aérienne

En principe, l’article 9 de la Directive 2009/128/CE interdit la pulvérisation aérienne de produits phytopharmaceutiques. Des dérogations sont toutefois possibles en cas d'urgence phytosanitaire ou lorsque cette méthode présente des avantages manifestes pour la santé humaine et l'environnement par rapport aux applications terrestres.

En France, l'arrêté du 29 mai 2026 a ouvert une telle dérogation : la pulvérisation par drone est autorisée dans des situations strictement encadrées, sous réserve d'une autorisation administrative préalable.

Une note rédigée par la CNAOC apporte un éclairage complet sur la question.

Pulvérisation par drone - Note CNAOC

L'arrêté « Pollinisateurs »

Par décision du 26 avril 2024, le Conseil d’Etat a annulé l’inscription de la vigne dans la liste des cultures non attractives pour les pollinisateurs. La vigne est désormais considérée comme une culture attractive et est soumise aux restrictions de l’arrêté du 20 novembre 2021.

Cet arrêté s’applique à tous les produits phytopharmaceutiques (insecticides, acaricides, fongicides, herbicide, adjuvants…) à l’exception des produits d’éclaircissage.

En période de floraison (c’est-à-dire de l’ouverture des premières fleurs jusqu’à la chute des pétales des dernières fleurs / le couvert végétal d’interculture est également considéré comme une culture en floraison) :  

  • Vérifier l’autorisation du produit :

Consultez la fiche produit, si la mention SPE8 y figure, le produit est interdit pendant la floraison. Sans mention particulière, il est autorisé. Pour les insecticides et acaricides portant la mention abeille, une dérogation à l’interdiction est possible, sous réserve de respecter les contraintes horaires.

  • Respecter la plage horaire :

Les traitements autorisés doivent être réalisés dans la fenêtre de 2h avant à 3 après le coucher du soleil.

  • Zones de butinage :

Si un couvert végétal sous une culture pérenne constitue une zone de butinage, il doit être rendu non attractif avant tout traitement insecticide ou acaricide.

Des aménagements de la plage horaire sont possibles dans 3 situations :

  • Traitement réalisé dans le cadre d’un arrêté de lutte obligatoire (ex : flavescence dorée) ;
  • Urgence fongique (mildiou, black-rot, oïdium) ne permettant pas de différer le traitement ;
  • Traitement visant des nuisibles à activité exclusivement diurne, pour lequel la place de 5h en fin de journée ne garantit pas une protection efficace.

Dans tous les cas, le motif de dérogation, l’heure de début et l’heure de fin du traitement doivent être consignés dans le registre phytos.

La lutte contre la flavescence dorée

Modalités de surveillance et de lutte contre les phytoplasmes de la vigne

La flavescence dorée est une maladie grave de la vigne causée par un phytoplasme, transmis par un insecte vecteur, la cicadelle. Elle peut entraîner le dépérissement rapide des ceps et l’arrachage obligatoire des parcelles atteintes. Sa lutte est réglementée par l’arrêté du 27 avril 2021.

Zones délimitées :

Selon que la flavescence dorée est présente, suspectée ou absente dans votre secteur, vous n'êtes pas soumis aux mêmes obligations. Tout dépend de la zone dans laquelle se situent vos parcelles.

Il existe 3 types de zones :

  • Zone infestée : parcelle présentant au moins un cep confirmé positif par analyse officielle.
  • Zone tampon : périmètre d’au moins 500 mètres autour de la zone infestée, pouvant être étendu par arrêté préfectoral selon l’évaluation du risque.
  • Zone exempte : secteur officiellement indemne de flavescence dorée.

Renseignez-vous auprès de votre syndicat ou de la DRAAF-SRAL pour connaître le statut de votre secteur.

Arrêté préfectoral flavescence dorée ARA - 2026

Arrêté préfectoral flavescence dorée 2026 - Occitanie

Communiqué SRAL PACA 2026

Obligations

Dans tous les cas, tout propriétaire ou détenteur de vigne doit surveiller ses parcelles et déclarer immédiatement tout symptôme suspect à la DRAAF-SRAL.

Les symptômes à surveiller : enroulement des feuilles, jaunissement ou rougissement du feuillage, dessèchement des grappes, aoûtement insuffisant des sarments.

En zone délimitée (Infestée + tampon), trois obligations s’ajoutent :

  • Prospecter : la prospection est exhaustive sur l’ensemble du vignoble communal, sur un cycle de 5 ans maximum, selon un calendrier coordonné par la DRAAF-SRAL. Des règles spécifiques s’appliquent autour des vignes mères et pépinières.
  • Traiter contre la cicadelle : le traitement est obligatoire. Il est réalisé de préférence par des moyens non chimiques, à défaut, des insecticides autorisés peuvent être utilisés. Le nombre de traitement et leurs dates sont fixés chaque année par la DRAAF-SRAL. Consultez le Bulletin de Santé du Végétal (BSV) de votre région (Région Auvergne-Rhône-Alpes / Région Occitanie / Région PACA). Si le traitement tombe en période de floraison, consultez l’arrêté pollinisateur.
  • Arracher les ceps et parcelles malades :

L’arrachage doit intervenir le plus tôt possible après la découverte, et au plus tard le 31 mars de l’année suivante (date fixée par arrêté préfectoral). Les repousses doivent également être éliminées.

Sortie de zone délimitée

Une zone délimitée ne redevient zone exempte qu’après au moins 3 campagnes consécutives sans aucun cep infesté détecté lors de prospections exhaustives.